TVA sur un véhicule électrique d’entreprise : le guide 2026
Une voiture électrique de tourisme n’ouvre généralement pas droit à la déduction de la TVA sur son achat ou ses loyers. Un utilitaire électrique peut, sous conditions, donner lieu…
- Une voiture électrique de tourisme reste exclue du droit à déduction de TVA en 2026 : aucune exception n’a été votée pour les VP électriques.
- Un utilitaire électrique conçu pour les marchandises peut ouvrir droit à déduction, à l’achat comme sur les loyers.
- Louer ou s’abonner ne change pas la catégorie du véhicule, donc pas le traitement de la TVA.
- Recharge d’une VP : aucun texte ne fixe clairement la part de TVA déductible, à valider avec le comptable.
- Les véhicules 100 % électriques sont exonérés des taxes annuelles sur le CO2 et sur les polluants.
Une voiture électrique de tourisme n’ouvre généralement pas droit à la déduction de la TVA sur son achat ou ses loyers. Un utilitaire électrique peut, sous conditions, donner lieu à récupération. La recharge suit encore une autre logique : pour une voiture particulière, aucun texte officiel ne fixe clairement la part de TVA déductible sur l’électricité, et le traitement est à valider avec le comptable.
Autrement dit, électrique ne signifie pas automatiquement TVA récupérable. Voici la grille à garder sous les yeux avant de signer un bon de commande ou un contrat de location.
| Situation | TVA généralement applicable | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Voiture électrique de tourisme, achat | Non déductible en principe | Activité bénéficiant d’une exception |
| Utilitaire électrique, achat | Potentiellement déductible | Catégorie, usage professionnel et facture |
| Location d’une voiture électrique de tourisme | Non déductible en principe | Nature du véhicule et activité |
| Location d’un utilitaire électrique | Potentiellement déductible | TVA clairement indiquée sur les loyers |
| Recharge sur borne publique | À valider avec le comptable | Facture détaillée au nom de l’entreprise |
Le point de départ reste le même : l’entreprise doit être assujettie à la TVA et engager la dépense pour une activité ouvrant droit à déduction. Le caractère électrique du moteur ne change pas la classification fiscale du véhicule.
Sur le certificat d’immatriculation, la mention VP renvoie généralement à un véhicule particulier conçu pour transporter des personnes. Les mentions VU ou VS peuvent désigner un utilitaire ou un véhicule de société, mais elles ne suffisent pas à elles seules. L’aménagement réel, l’homologation et l’usage comptent aussi.
Le BOFiP exclut en principe du droit à déduction les véhicules conçus pour transporter des personnes ou ayant un usage mixte. Les exceptions concernent notamment certaines activités de transport de voyageurs, la location de véhicules, les auto-écoles ou la revente de véhicules.
Achat comptant : la TVA est-elle récupérable sur le véhicule ?
Une voiture électrique de tourisme
Pour une berline, une citadine ou un SUV électrique utilisé par un dirigeant, la TVA sur le prix d’achat reste généralement une charge pour l’entreprise. Une société de conseil qui achète une citadine électrique à 36 000 euros TTC ne récupère donc pas automatiquement les 6 000 euros de TVA inclus dans le prix.
Le raisonnement reste valable si le véhicule sert aux rendez-vous clients. Un usage professionnel ne transforme pas une voiture particulière en utilitaire. Il peut toutefois exister des cas particuliers liés à l’activité exercée : transport public de voyageurs, location automobile, auto-école ou commerce de véhicules.
Un utilitaire électrique
Le résultat change pour un fourgon ou une camionnette conçue pour transporter du matériel ou des marchandises. Une entreprise de plomberie qui achète un fourgon électrique pour transporter ses outils peut récupérer la TVA sur l’achat, sous réserve de remplir les conditions habituelles.
La facture doit être établie au nom de l’entreprise. Le véhicule doit servir à une activité assujettie et la comptabilité doit retracer correctement l’opération. Une utilisation personnelle importante ou une présentation commerciale d’un modèle comme « utilitaire » ne suffit pas à sécuriser la déduction.
Le bon réflexe : la question à poser n’est pas seulement « le véhicule est-il électrique ? ». Demandez plutôt : quelle est sa catégorie sur la carte grise, comment est-il aménagé et à quoi sert-il réellement chaque semaine ?Le cas des véhicules transformés en deux places
Une voiture transformée en véhicule de société peut devenir éligible si la modification est réelle : retrait de la banquette arrière, séparation adaptée, aménagement conforme et classement administratif cohérent.
Une simple housse posée sur les sièges ou une déclaration commerciale ne suffit pas. La carte grise doit correspondre à la catégorie du véhicule. Conservez les documents de transformation, l’homologation et la facture de l’aménagement.
Location longue durée, crédit-bail ou abonnement : que peut-on déduire ?
Le paiement mensuel ne change pas la nature du véhicule. Une voiture de tourisme louée en LLD, en LOA ou dans le cadre d’un abonnement reste généralement exclue de la déduction de la TVA sur les loyers, sauf activité particulière.
À l’inverse, un utilitaire électrique affecté à une activité ouvrant droit à déduction peut donner lieu à récupération de la TVA facturée sur les loyers. Le contrat, l’échéancier et les factures doivent être conservés. Analysez aussi séparément l’entretien, l’assistance, la batterie, l’assurance et les frais de restitution.
Exemple : un loyer mensuel de 600 euros TTC au taux de 20 % comprend 100 euros de TVA, car le montant hors taxe s’élève à 500 euros. Pour une voiture particulière, cette TVA reste en principe non déductible. Pour un utilitaire éligible, les 100 euros peuvent être déductibles si la facture et l’usage professionnel répondent aux exigences.Le dépôt de garantie ne se traite pas comme un loyer. Il ne correspond pas nécessairement à une prestation soumise à TVA au moment de son versement. Il faut regarder la facture et la nature exacte de la somme.
Recharge à domicile, au bureau ou sur borne publique : trois factures, trois réflexes
La recharge constitue souvent le point le plus mal documenté. Pourtant, la facture d’électricité, le badge de recharge et la note de frais peuvent peser lourd dans le dossier comptable d’une flotte.
- À domicile : conservez la facture d’électricité, un relevé de consommation et la méthode utilisée pour isoler les kWh professionnels. Le remboursement au salarié ou au dirigeant doit distinguer la part professionnelle de la consommation privée.
- Dans les locaux : séparez autant que possible l’électricité consommée par les véhicules de la consommation générale du bâtiment. Un compteur dédié ou un relevé de la borne facilite le suivi.
- Sur une borne publique : privilégiez une facture au nom de l’entreprise avec le fournisseur, la date, le montant hors taxe, le taux et la TVA. Un simple ticket bancaire ne contient pas toujours les informations nécessaires.
Le service vendu par un opérateur peut regrouper l’accès à la borne, l’électricité, l’assistance et le paiement par application. La ventilation dépend donc de la facture reçue, pas seulement du descriptif affiché dans l’application.
La TVA sur l’électricité et l’installation de la borne
Pour une voiture particulière, aucun texte officiel ne fixe clairement la part de TVA déductible sur l’électricité de recharge : le traitement est à valider avec le comptable. Dans tous les cas, une déduction suppose une facture au nom de l’entreprise et un usage professionnel justifié. La situation est plus délicate lorsque la borne se trouve au domicile d’un salarié : la facture d’électricité est alors souvent établie au nom d’un particulier.
La borne et sa pose suivent leur propre traitement. Une installation dans les locaux professionnels, affectée à la flotte, présente un dossier plus lisible qu’un équipement installé chez un salarié. Dans les deux cas, gardez le devis, la facture, le contrat d’installation, l’adresse du chantier et la preuve de mise en service.
Le comptable vérifiera notamment :
- l’identité du client figurant sur la facture ;
- l’adresse d’installation et l’usage professionnel ;
- le taux et le montant de TVA ;
- la part professionnelle en cas d’usage mixte ;
- la séparation entre borne, pose, maintenance et abonnement.
CarGo Flex : l’abonnement change-t-il les règles de TVA ?
CarGo Flex propose une location par abonnement mensuel pour les professionnels et les particuliers, avec une durée flexible, sans apport et dans une formule présentée comme tout inclus. Cette souplesse peut intéresser une TPE qui hésite à immobiliser une voiture pendant plusieurs années ou qui veut tester un modèle électrique avant de constituer une flotte.L’abonnement ne change toutefois pas les règles de TVA. Une citadine électrique classée VP ne devient pas déductible parce que le paiement est mensuel. Avant de signer, vérifiez la catégorie du modèle, la facture du loyer, les prestations incluses et l’usage déclaré.
👉 À lire ensuite — Pour approfondir la distinction entre VP, VU, loyers et frais annexes, la page fiscale de Cargo Flex constitue un point de départ pratique. Elle rassemble les règles de TVA applicables aux véhicules de société et les justificatifs à surveiller.
Quelles conditions réunir pour récupérer la TVA ?
- Entreprise assujettie à la TVA.
- Dépense engagée pour une activité ouvrant droit à déduction.
- Véhicule éligible au regard de sa catégorie et de son aménagement.
- Facture au nom de l’entreprise, avec une TVA identifiable.
- Usage professionnel documenté.
- Contrat, facture, relevés et notes de frais archivés.
Véhicule électrique et taxes sur les véhicules de société : deux sujets différents
La TVA ne doit pas être confondue avec les taxes sur l’affectation des véhicules à des fins économiques, qui ont remplacé l’ancienne TVS. Les véhicules fonctionnant exclusivement à l’électricité sont exonérés des deux taxes annuelles, sur les émissions de CO2 et sur les polluants atmosphériques, mais cette règle ne rend pas la TVA sur l’achat déductible.
L’amortissement suit encore une autre logique : il concerne la déduction du coût du véhicule dans le résultat fiscal. Pour une voiture particulière émettant moins de 20 g/km de CO2, l’amortissement déductible est plafonné à 30 000 euros. L’avantage en nature, lui, concerne la mise à disposition d’une voiture à un salarié. Ces trois sujets doivent rester séparés dans les dossiers comptables.
Dougs Compta passait ces sujets en revue pour une voiture électrique de société en 2023 ; certains montants ont évolué depuis, mais la distinction entre TVA, taxes et amortissement reste la même :
Les chiffres à réunir avant de choisir entre achat et location
Ne regardez pas seulement le loyer affiché. Additionnez le prix TTC, la TVA non récupérable, l’entretien, l’assurance, la borne, l’électricité, les frais de kilométrage, les taxes, la valeur de revente et l’éventuel avantage en nature.
Une PME de conseil qui loue une citadine électrique VP à 600 euros TTC par mois doit intégrer la TVA non déductible sur le loyer. Une entreprise artisanale qui achète un fourgon électrique VU pourra peut-être récupérer la TVA sur le véhicule, la recharge et certaines dépenses d’entretien, si les factures et l’usage professionnel sont correctement établis. Deux véhicules électriques, deux traitements.
🎯 À retenir- Électrique ne veut pas dire TVA récupérable : la catégorie VP ou VU décide.
- Une facture au nom de l’entreprise, avec la TVA distincte, reste la condition de base.
- Séparez borne, pose, maintenance, abonnement et électricité dans vos justificatifs.
- TVA, taxes annuelles, amortissement et avantage en nature sont quatre sujets distincts.
Questions fréquentes
La TVA d’une voiture électrique de société est-elle récupérable en 2026 ?
Non pour une voiture particulière : les textes en vigueur en 2026 ne prévoient aucune exception pour les VP électriques. Seuls les cas généraux (revente à l’état neuf, location, auto-écoles, transport public de voyageurs…) y échappent.
Un utilitaire électrique ouvre-t-il droit à déduction ?
Oui s’il est conçu pour transporter des marchandises, affecté à une activité taxable et facturé au nom de l’entreprise. Une camionnette à 3 rangs de places assises ou plus est toutefois considérée à usage mixte et exclue.
Une voiture électrique de société paie-t-elle les taxes annuelles ?
Non : les véhicules exclusivement électriques ou à hydrogène sont exonérés de la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et de la taxe annuelle sur les polluants atmosphériques.
Quel avantage en nature pour une voiture électrique de fonction ?
Pour un véhicule 100 % électrique mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, et respectant le score environnemental requis, l’avantage en nature bénéficie d’un abattement de 70 %, dans la limite d’un plafond annuel revalorisé.